Parcequ'un blog sans commentaires c'est le mal !
Parceque du dialogue jaillit la lumière, du dogmatisme...
Parceque c'est possible, nananèreu.
Parceque moi j'ai envie de savoir ce que pensent ceux qui ne passent pas la censure de ''Binka''.
Pour le blog originel donc c'est ici : http://www.feministes-radicales.org
Je ne pense violer aucune loi en recopiant ici certain des posts, au pis je mettrait juste des liens, vous aurez compris le seul but est de permettre a tout un chacun de répondre et dialoguer sans se faire caricaturer ou censurer. On verra bien ce que ça donne, c'est bien une question de principe et un peu de provocation aussi mais ce n'est pas bien méchant dans mon esprit. Bien sûr je ne m'attends pas à ce que Binka et ses fans apprécient la démarche mais au moins elles seront toujours les bienvenues pour en débattre librement ici !
Pour conclure je rappelle ici que ce qui m'a particulièrement irrité c'est de me faire censuré, caricaturé et insulté alors que loin d'être un ennemi du féminisme j'ai montré un brin de curiosité aux sujet de ce blog, peut-être de manière maladroite mais bon.
A vos plumes femmes et hommes de bonne volonté, ici tout est permit !
dimanche 17 juin 2012
Are Women Human ? – 2
La question reste d’actualité :
l’élimination systématique et d’ampleur inégalée des femmes dans
certains pays d’Asie est-elle un crime contre l’humanité ou ………..
« le symptôme d’une phase d’adaptation dans le processus de transition vers un régime de basse fécondité » (doc. p.56) ?
Langues de bois et crocs acérés.
En France, les euphémismes scientistes – servis par l’ »objectivité » des démographes – assoient la version officielle :
> « déséquilibre du sex ratio » …. le déséquilibre est une conséquence ! La cause est une élimination systémique d’un groupe humain.
> Selon les « lois de la nature » les garçons seraient plus nombreux à naître de par le monde. « Le sex-ratio naturel à la naissance, c’est à dire en l’absence de discrimination, serait de 105 garçons pour 100 filles« .
Je demande instamment aux scientifiques de me fournir leur liste de
pays ou de groupes humains où ils ont pêché la population témoin qui
leur a permis d’évaluer le sex-ratio naturel ! Où il n’y a pas de
« discrimination » sexiste ? Ne cherchez pas du côté de la France,
l’élimination existe, dès bébé [on lira Brian & Jaisson, Le sexisme de la première heure,
2010], en couple [le chiffre de 1 femme tous les 2 jours et demi est
ridiculement bas, cela ne prend en compte aucune des conséquences de la
violence conjugale : maladies cardio-vasculaires, maladies auto-immunes,
suicide, alcoolisme, blessures à la vieillesse qui mènent plus
rapidement à la mort], dans la prostitution [les chiffres n'existent
même pas, on pourra à peine se recueillir devant un in memoriam virtuel
établi par Prostitution et Société] . Il
faut en finir avec les vieilles lunes patriarcales créées pour nous
faire croire qu’il existerait des « démocraties égalitaires » voire
des »matriarcats », bref que les hommes n’auraient pas pris le contrôle
de nos vies jusqu’à la mort, partout, depuis des siècles. Je vous
conseille Nicole Claude Mathieu, Une maison sans fille est une maison morte, 2007.
> femmes « disparues« .
Ce mot n’est utilisé que par les autorités qui masquent leurs crimes.
Les disparitions politiques ont divers noms (enlèvement, assassinat,
élimination, etc.), mais certainement pas cet euphémisme.
> femmes « manquantes » …. manquantes
à quoi ? Ce mot aberrant vient de la manière dont sont réalisés les
calculs : les démographes comptent les hommes, et en déduisent le nombre
de femmes « disparues » ou « manquantes » de n’être pas nées des femmes
mortes. Elles sont « manquantes » à quoi ? au coït hétérosexuel et à la
reproduction … Nos mortes sont dénombrées par leur manquement à l’usage dominant : la complémentarité des sexes et la reproduction !
Mais elles ne manquent pas aux autorités
éthiques ni humanitaires, telles que les TPI ou Amnesty International.
Preuve en est, les seuls papiers alarmistes dont se foule le patriarcat
mondial (en France comme dans les pays génocidaires d’Asie) concernent
principalement …. les hommes ! Les hommes qui ne trouvent pas à se
marier (détail de l’histoire : ils sont fournis par des réseaux de rapts
de femmes…. vieille technique patriarcale déjà utilisée pour la
fondation de Rome), ceux qui trouvent pas de femme à baiser (ils sont
fournis par des réseaux proxénètes …. vieille technique patriarcale,
fleuron de la culture Grecque), ceux qui commenceraient à s’écharper
entre eux, faute de défouloir féminin (ah … que d’Hélène de Troie sont
accusées pour teinter de bravoure ou d’innocence les massacres mystifiés
par la réquisition virile de l’Histoire !).
> « foeticide » ou « infanticide » … non, non, ces humains ne sont pas tuées en raison de leur statut de foetus ni de mineure !
> Isabelle Attané invente une expression : « ingénierie démographique, c’est-à-dire la manipulation volontaire des lois de la nature afin d’arriver à des fins familiales ou sociétales ». Le
patriarcat n’est que cela : une manipulation volontaire de la
reproduction et de la sexualité à des fins d’arriver à une domination
familiale, conjugale et sociétale [cf. Paola Tabet, La construction sociale de l'inégalité des sexes, 1998 - extrait].
Ceci n’est pas un phénomène démographique (nécessaire) ni machinique
(post-industriel) ! Ceci est une violence délibérée, intentionnelle,
organisée dans les patriarcats même les moins complexes. Cela a un nom :
OPPRESSION. Et l’élimination physique et sociale qui l’organisent a un
nom aussi, que certaines Conventions Internationales ont écrit dans le
marbre au lendemain du génocide nazi.
> « Transition démographique« ?
une hypothèse parmi d’autre, parfois centrale … mais totalement
absurde. Je cite le dossier d’Amnesty International [mars 2007, cité
plus bas, p.12] : « Pendant la première phase de la
transition démographique, le taux de mortalité chute fortement (progrès
sanitaire, alimentaire, industrialisation dans le cas des pays riches…)
tandis que la natalité reste forte voire augmente. L’accroissement
naturel est donc fort, ce qui signifie une croissance rapide de la
population. Dans la deuxième phase, la mortalité
continue à baisser mais plus lentement et la natalité se met elle aussi à
décroître. Le maximum de l’accroissement naturel est atteint au début
de cette deuxième phase. Puis la natalité baisse plus fortement et on a
donc une décélération du rythme d’accroissement de la population. »
En insérant cette définition dans son dossier consacré à « Une situation démographique alarmante« , Amnesty International veut nous rassurer ? … « Patientez Mesdames, la reprise est proche, ce n’est qu’une phase de rigueur, dans les deux sens du terme… » .
A.I. semble flotter dans ses explications quand son jugement éthique
est altéré. Peut-être faut-il rappeler les caractéristiques de la courbe
sexiste propre à cette « transition démographique » alarmante … Première phase :
élimination sociale (abandon sanitaire, restrictions alimentaires, gap
technologique et maintient de l’esclavage domestique dans toutes les
phases d’évolution de l’organisation économique, etc.) et fort taux de
mortalité, tandis que la fertilité est imposée [cf. Paola Tabet, 1998]. Deuxième phase,
la mortalité continue à augmenter, mais brutalement, et la viabilité
des petites filles se met à décroître, elle aussi, brutalement. Puis
leur viabilité baisse plus fortement encore et on a donc une
décélération du rythme d’accroissement de la population féminine, en
bref, une accélération de son élimination.
En résumé. La transition démographique a
un moteur : la chute de la mortalité. Une conséquence : l’accroissement
de la population et l’arrangement de ses conditions de vie. Parler de
« transition démographique » pour analyser la situation des femmes en
Asie est donc une sinistre blague. Sauf à prendre le point de vue viril
pour objectivité, comme d’habitude. Car c’est seulement de ce point de
vue que la population croît (de manière relative et absolue tant que les
survivantes seront recyclées dans la production d’hommes et dans leur
entretien matériel), leur natalité baisse et peu baisser encore si le
sex-ratio atteint un seuil critique. Et en effet, à moyen terme et à
long terme, les conditions de vie des hommes, comme caste mondialisée,
s’en trouvent améliorées, car le patriarcat se renforce de ses
crises … un exemple : ça fait 30 ans que les survivantes Asiatiques sont
déportées par dizaines de millions vers les bordels et vers les
plateaux de tournage porno du monde entier. Toutes les guerres viriles
organisent le réconfort des guerriers, même ceux
d’arrière-arrière-ligne.
> La palme négationniste revient donc à l’expression ……. « transition démographique accélérée » – que n’a pas osé formuler en entier Amnesty International. …poûmpoûmpoupoûm
… comment dire, hêuuuu ? décélération un peu trop rapide du rythme
d’accroissement de la population, décrochage des femmes au démarrage,
c’est regrettable, mais tellement nécessaire en raison de la démographie
inquiétante de certains pays … [c'est une thèse banale, que l'on trouve par ex. chez Michel Bozon, dans "Sociologie de la sexualité"].
=
Pur négationnisme ! Déqualification des faits !
Or la réalité est politique et pénale :
Crime contre l’humanité
Génocide
Persécutions organisées, dont la prostitution en masse des survivantes !
Y a basta des perspectives
démographiques qui font croire que l’élimination ciblée du plus grand
groupe humain n’a rien d’une urgence éthique ni politique !
Nausée éthique.
J’ai une nausée sans nom devant le
cynisme des articles qui sont sortis au compte goutte sur notre
génocide. Je frémis encore du choc qui m’avait saisie à la lecture d’un
numéro consacré au « déséquilibre du sexe ratio » par Courrier
International [mars 2006].
Ces articles était un ramassis de
violences sexistes : plainte masculiniste des hommes privés de certains
droits (cuissage et propriété) + accusation des mères + explication du
génocide par … les arguments mêmes des génocidaires !! Il compilait tous
les argument négationnistes et haineux que l’on entend dans tous les
médias, français et internationaux.
- Si le thème est la catastrophe, elle est …. toujours à venir !
La seule catastrophe dont parlent médias
et universitaires est démographique. S’alarmer, comme Amnesty
International, d’une « situation démographique », d’un »déséquilibre du
sex ratio » ne signifie qu’une chose : on s’alarme que les femmes ne
pourront pas reproduire « la prochaine génération »! Thème récurrent,
qui avoue brutalement que l’élimination des femmes n’est pas en soi une
catastrophe. Et si malgré des dizaines de millions de mortes, il n’y a
pas mort d’homme, pour qui s’inquiète-t-on dans la « prochaine
génération » ? pour les garçons.
Un article plus récent a le mérite d’être encore plus cynique : AgoraVox se demande si « la guerre des sexes n’aura pas lieu »
dès lors qu’un seuil critique de « déséquilibre de sex ratio » sera
atteint … oui, oui, le journaliste se demande si la guerre aura
lieu, au futur, comme si l’élimination de plusieurs dizaines de
millions de personnes n’indiquait pas que, déjà, la guerre était
déclarée et, déjà, perdue par les femmes ! La photo qui illustre
l’article est proprement indignante : des femmes en treilli militaires
et une femme qui jette un regard volontaire à la caméra. Ce choix
éditorial signifie une chose : la peur exprimée dans le titre de
l’article ne se préoccupe pas des femmes parce qu’elles sont effacées de
la surface de la terre. Non….. le journaliste a peur pour les hommes !
lui et ses congénères pourraient voir apparaître une armée de femmes,
prête à déclarer la mythique « guerre des sexes » ! oui, oui, celle que
les virilistes nous promettent dès que nous esquissons le geste de nous
protéger … Que ces messieurs se rassurent, mortes nous ne pouvons
vraiment plus les tuer, ni même nous portéger … d’autant plus que
vivantes, déjà, nous en sommes lourdement empêchées : ils nous
désarment, nous réduisent à l’impuissance physique et mentale, et nous
affament. Cette peur, argument central, contraste avec le ton global de
l’article, à savoir, la neutralisation éthique. Le journaliste noie tout
choc éthique en avançant toutes sortes de causes farfelues, par
lesquelles il met hommes et femmes dans un même statut de victimes (en
invoquant une pollution écologique) et dans un même statut
d’accusés d’une autre catastrophe à venir (en prédisant une vague
d’avortements consuméristes). Par ce dernier argument, il explique les
pratiques d’élimination par la psychologie : la « préférence pour un
sexe ». Ce trait « psychologique » ne lui fait pas froid dans le dos
? il lui semble naturel ? …. c’est vrai qu’il est banal, en France, de
se réjouir de la venue d’un enfant en demandant son sexe … Et que cette
« préfence » puisse être un goût partagé par des « consommateurs »
occidentaux ne semble aucunement le mener à penser qu’il existerait des
relans génocidaire dasn ces pays. De fait, la « préférence pour les
garçons » qui sévit en Asie lui est totalement compréhensible, au sens
fort, au sens d’admettre la légitimité qu’auraient certains à préférer
les garçons.
Autre thème qui tire des larmes ou des
frémissements aux journalistes : la catastrophe sociale à venir. Les
hommes, en l’absence de femmes, pourraient devenir plus agressifs !!
Vous vous demandiez ce que peut être une agressivité plus grande que
celle qui consiste à éliminer 100 millions de femmes ? Et bien ne vous
demandez plus : c’est déclarer une guerre … à des hommes ! Le cynisme
confine à l’abjection.
Dans un numéro des « Dossiers de la
commission enfants » d’Amnesty International, mars 2007 (en ligne), je
retrouve les mêmes jérémiades masculinistes. Je cite : « D’après
l’étude de Hudson et Den Boer sur les conséquences stratégiques à
l’échelle internationale de ces déséquilibres, ce surplus de jeunes
hommes pourrait menacer la stabilité de certains régimes. Cette « force
volatile » trouverait « dans des options militaires ou sectaires
agressives, un exutoire aux tensions sociales d’une société à
prépondérance masculine « . « les conséquences du déficit féminin actuel
sur le « marché matrimonial » sont inévitables. Ainsi parmi les jeunes
hommes nés depuis vingt ans, une grande quantité d’entre eux ne
trouveront pas d’épouse. L’excédent masculin en Chine pourrait atteindre
20 % vers 2030, soit 1,6 millions d’hommes qui ne trouveront pas de
femmes« .
- Quelles causes à la catastrophe à venir ? ben les femmes !
Comme il faut s’y attendre, les papiers
patriarcaux (articles, rapports) accusent les femmes de leur propre
génocide. Ils insistent sur l’avortement, sur les actes des mères.
Parfois, pour consolider le mensonge, ils expliquent : « L’enquête a
également démontré que, « plus le bagage intellectuel de la mère est
élevé, plus le sex-ratio est défavorable aux filles ». » [Courrier International, mars 2006].
Le
dessin en page 8 du dossier d’Amnesty International [cité plus haut]
est exemplaire de la propagande qui accable les femmes pour innocenter
les hommes : une poule, l’air fâché, qui casse les oeufs marqués d’un
signe féminin et, en page 9, qui couve, l’air satisfait, des oeufs
masculins. Ces dessins illustrent la partie « négligence » qui serait
une des méthodes principales d’élimination des filles. Aucun autre
dessin, dans tout le document, ne figure ces deux intentions coupables,
indiscutablement condamnées en cas de crime : intention meurtrière et
absence de remords, mieux : satisfaction ! Seulement en page 13, un bébé
est menacé par des pics tenus par être courroucé : un arbre ; mais ce
n’est un symbole ni de l’homme ni du père alors que la poule figure la
femme et la mère. Les rares hommes représentés, page 11, apparaissent
comme des êtres sans yeux ni bouche, passifs, ou des symboles, en page
4. Ou bien, ils sont fondus, dégenrés, dans leur masse, au côté de
quelques survivantes, en page 3. Les élus, ceux qui ne risquent ni le
massacre ni la traite ni le rapt, ne sont que des témoins muets de la
catastrophe ? Loin d’organiser et de bénéficier d’un génocide, ils
semblent côtoyer, étonnés ou naïfs, des femmes barrées, rayées ou
disparues sans que l’on sache pourquoi.
- Ah ces avorteuses … c’est encore une affaire de femmes !
Les discours savants et médiatiques
n’ont pas seulement pour but de couvrir un génocide lointain. Ils sont
aussi un agenda sexiste dans les pays où ils sont diffusés. Ce n’est pas
un hasard s’ils donnent à l’avortement une place centrale dans la
catastrophe actuelle. D’abord pour faire porter aux femmes la
culpabilité de ce massacre. Puis pour individualiser les pratiques
génocidaires. Ainsi, faire accroire que ce n’est pas un plan organisé
(patriarcat), dans lequel les hommes ont statut de bénéficiaire. Enfin,
ils attaquent directement le droit à l’avortement des femmes. L’article
d’AgoraVox là dessus est clair, le journaliste agite l’épouvantail
consumériste en disant que c’est la dérive probable des pratiques
d’avortement dans les pays Occidentaux. Purs mensonges. D’une part, les
révisionnistes font mine de confondre le moyen, la technologie, et la
cause du massacre. Sans avortement, pas de massacre,
semblent-ils dire. Faux. Les génocides de femmes sont aussi vieux que le
patriarcat (Rome a été fondé dessus, même Darwin souligne ces pratiques
en Angleterre à la fin de son livre La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe). D’autre
part, en focalisant sur les avortements tout en parlant de crime, ils
déplacent sur l’avortement l’acte criminel. Ils mystifient les faits.
Ils disent que ce sont les avortements qui constituent le crime. Alors
que c’est l’intention génocidaire qui caractérise les faits. Cette même
intention qu’ils nient. D’une pierre deux coups : leur négationnisme
sert leur propagande anti-avortement. Je prends un exemple pour faire
comprendre la supercherie. Couper des cheveux et les vendre n’a rien de
délictuel ni criminel. Nombres de coiffeurs arrondissent leurs fins de
mois ainsi. Mais cet acte a pris une toute autre signification dans
l’enfer contrationnaire : cela a été une des pires abjections des crimes
nazis, car soudain, la déshumanisation prenait toute sa dimension : des
humains pouvaient être réduits à des bouts d’eux-mêmes, et qui ne sont
plus même des bouts d’humains (comme peuvent l’être les cendres, les
reliques ou les ossements) mais des choses à consommer par d’autres.
C’est le contexte, l’intention coupable et les conséquences sur la
victime qui caractérisent les crimes, pas les gestes en eux-mêmes. Faire
écouter de la musique à quelqu’un n’a rien de déliquant, et pourtant,
cela peut relever de la torture si l’intention coupable existe et si
certains moyens sont mis en oeuvre. De même, l’avortement n’a rien de
délictuel ni criminel (en France). Mais pratiqué dans un contexte de
persécution ciblée, il a valeur de crime contre l’humanité. Doublement :
d’une part, contre les femmes avortées, car il est une autre forme de
contrôle total par le pouvoir masculin, de destruction de leur intégrité
physique et morale, bref d’appropriation totale par les dominants.
D’autre part contre toutes les femmes vivant dans ce pays ou cette
région, car c’est elles qui sont visées par l’acte d’élimination, c’est
en tant que « femme » que le foetus est traité, et donc tué. Les
avortements devraient donc être poursuivis comme part du plan
génocidaire. Dès lors, les « avorteurs » à l’intention coupable, les
vrais coupables de crime contre l’humanité, apparaîtraient : les hommes,
dont le système de domination a mené au massacre. Les victimes seraient
aussi enfin reconnues : les femmes avortées et toutes les femmes
contemporaines de ces femmes. Toutes les femmes du monde entier, nous
toutes sommes désignées et comme « fardeau » indésirable et
comme ventre à manipuler selon les intérêts de la caste au pouvoir. Je
rappelle que le crime contre l’humanité d’un groupe touche tout le
groupe. Et enfin, la communauté humaine est attaquée dans son fondement,
à savoir l’humanité de chaque humain sur terre, car elle ne peut
qu’être partagée par tous les individus, sans exclusive.
En réduisant les actes criminels aux
avortements, et en effaçant totalement l’intention génocidaire, les
révisionnistes ne font pas que déqualifier les faits : ils font de
l’avortement l’acte criminel. Ils criminalisent l’avortement. Mais aussi
ils victimisent le foetus. C’est pour cela qu’ils insistent tant à
parler de foeticide. Ils font exister le foetus, lui attribuant
un statut pénal et philosophique de victime du massacre. A l’instar du
système génocidaire, ils prennent le foetus pour la « femme » que
visent le crime. Ils entérinent la marque naturelle [cf. C.Guillaumin système de marques ] créé
par les génocidaires pour éliminer les femmes d’une manière encore plus
systématique, ils entérinent le mythe sexiste que la caste féminine
existe dès le stade foetal, le mensonge que dès le stade de foetus, un
humain peut être « une femme ». Le système criminel par ses actes, les
commentateurs français par leurs amalgames naturalistes, tous renforcent
deux mythes patriarcaux : ils attribuent au foetus un statut de sujet
pour criminaliser l’avortement et ils étendent la naturalisation du
statut de « femme » à l’état de foetus.
Il faut comprendre la propagande
occidentale sur ce génocide en Asie aussi comme un discours sur
l’avortement, porté ici, pour faire reculer nos droits. Les patriarcats
sont depuis longtemps en phase de mondialisation, et la pression
génocidaire à un bout de la planète fait régresser les droits de toutes
les femmes : la pression proxénète, gonflée par les guerres
impérialistes et ce génocide depuis 30 ans, a déjà écrasé, vias
certaines Conventions Internationales et dans les pratiques judiciaires
nationales, nos droits fondamentaux quant à l’inviolabilité et
l’inaliénabilité de notre corps, l’atteinte à l’intégrité physique et
morale … d’autres régressions vont suivre. Le droit à avorter est lui
aussi au centre de l’inaliénabilité de notre corps. Il ne peut exister
sans notre autonomie, et dès lors que nous restons réquisitionnées pour
la reproduction et la pénétration virile, l’instrumentalisation de
l’avortement à des fins sexistes sera inévitable.
- Ben, que voulez-vous mon bon monsieur … « une société » « en crise » …
Comme
dans toutes les publications sur le sujet, on essaie de nous faire
croire deux choses : 1) les hommes n’organisent rien (c’est madame qui
avorte et néglige) 2) ils en souffrent aussi (ils ne se marient plus, se
font des guerres, sont obligés de se déplacer pour posséder des femmes
…). Et la démonstration de l’innocence des hommes est simple : 2)
démontre 1)…. pour sûr, ils ne pourraient tout de même pas organiser quelque chose qui leur rend la vie plus difficile
…. C’est méconnaître la logique de l’oppression, qui est un système
organisant les individus et non la convergence fortuite d’intérêts
naturels éclos dans les individus. Le système est au maximum de son
efficacité quand les intérêts individuels des dominants sont ajustés à
leurs intérêts de classe. Mais les périodes de crise révèlent un fait
important : la logique de classe prévaut toujours sur la logique
individuelle. Certains agents du système peuvent bien sauter, le système
se renforce toujours par ses crises. La logique de classe est
renforcée, à savoir le règne sans partage d’une caste sur une autre –
quel plus grand règne que la destruction finale ! Les intérêts
individuels de la majorité des hommes sont renforcés grâce à la terreur
instaurée et grâce aux recours d’urgence : déportations à des fins
matrimoniale et prostitutionnelle. Ces phénomènes assurent un règne
individuel sans limite sur les femmes terrorisée et/ou déportées.
L’élimination ciblée est d’autant plus légitime qu’elle cible des êtres
marqués par un double statut de propriété de l’homme, caractérisé par la
disponibilité sans limite et souvent par la minorité légale : « femme »
+ « enfant ». De fait, c’est le double pouvoir patriarcal qui s’en
trouve renforcé.
C’est bien parce que ces intérêts dominants sont préservés que les médias ne font que parler d’une catastrophe à venir
: celle qui pourrait toucher les hommes (au plan démographique, de leur
reproduction de père en fils). Mais il ne faut pas oublier le but de la
propagande : agiter de fausses catastrophes pour masquer les véritables
; se faire l’écho du brâme des dominants qui, blessés dans leur
certitude de maîtriser jusqu’à la mort, réorganisent leur
délire carnassier ; répercuter au centuple cet hallali pour masquer
leurs plans et les cris de leurs victimes.
- … « et puis les femmes, quel fardeau » !
Les
explications de la « catastrophe » se font tautologiques. Car elles
reposent sur le même postulat patriarcal : [fait de naissance =] une
femme est un être à traiter différemment d’un homme … l’élimination est
donc un avatar du traitement différentiel naturel [= un accident
démographique].
L’article d’AgoraVox résume des dizaines de publications sur la question : « Les
causes de ce déséquilibre sont d’ordre social. En Inde, [avoir une
fille] c’est se condamner à faire des économies et s’endetter parfois
une vie durant pour rassembler sa dot, sans rien en retour« . Votre
fille est une fille, voilà pourquoi elle est morte ! L’un des titres de
chapitre du rapport d’Amnesty International cité plus haut est encore
plus lapidaire : « La préférence masculine : les filles sont des fardeaux ». Subalternes = « fardeaux », parasites, entretenu-e-s …
voilà la terminologie génocidaire elle-même. Une prise de distance
rhétorique aurait été un minimum (guillemets, conditionnel, etc.). Mais
totalement incapable de masquer la collusion d’intérêts qui oeuvre en
silence dans toutes les publications patriarcales qui reproduisent à
l’infini les phrases assassines de leur génocide.
Le
fardeau qui leur pèse, aux masculinistes, est un cadavre sans
précédent, l’histoire sans fin de leurs crimes contre notre humanité : domestication, viol, viol par inceste, persécution, passage à tabac, prostitution, élimination. Leur monde de guerre et de haine est érigé d’abord contre nous. Le fardeau de leurs bourses pleines
: plus de 50% du PIB, voilà le prix de notre servitude domestique en
France. Les ségrégations sexistes verticales et horizontales du marché
du travail produisent un richesse colossale. Plusieurs centaines de
milliards de dollards : voilà le prix de notre esclavage prostitutionnel
à échelle mondiale. Sans compter les dividendes de notre putification,
ces milliers de milliards « d’images » de nous qui organisent le secteur
publicitaire et cinématographique. Leur monde de richesses accaparées repose sur nos épaules et celles des fillettes.
Colère politique.
Accablement assourdissant des mères.
Accablement post-mortem des « fardeaux ». Le but de cette propagande est
de masquer les vrais coupables, les hommes, ceux qui bénéficient de ce
massacre, directement (ils sont épargnés) et indirectement (la
déportation à des fins de viol et d’esclavage, et l’appropriation sans
limite, sont désormais « rationnellement » justifiés). Qui oseraient
dire que les femmes bénéficient de leur propre élimination ? Les hommes
en France l’osent, via leur propagande médiatique et savante. Ils
démontrent leur complicité de classe. Mais nous, féministes, ne pouvons
ignorer ce que signifie tout cela. Nos soeurs d’Asie ont chacune un
numéro : beaucoup en sont mortes, les autres doivent encaisser le
sexisme exacerbé des bourreaux. Toutes ont pour devoir d’enfanter de
nouveaux élus, et éliminer leurs semblables. Celles qui le font doivent
se détacher assez d’elles-mêmes, de leur être et de leur coeur, elles
doivent se rapprocher assez de leur haine d’elles-mêmes pour ne pas
faillir face à leur fille, et tuer celle qu’elles sont, et, par ce
meurtre, repousser loin d’elles, celle qu’elles auraient pu être. Enfin,
elles doivent porter, jusqu’à leur mort, ces cadavres intimes, les
porter dans le gouffre de leur coeur et dans le charnier de l’Histoire.
Si certaines ont du sang sur les mains, c’est le leur, c’est le nôtre,
pas celui d’un autre. Il y a une différence éthique fondamentale entre
le suicide et le meurtre. Nos soeurs là-bas, sont victimes d’un suicide
collectif orchestré par et pour les hommes. Les hommes, eux, ont notre
sang sur la conscience, trois fois : une fois d’avoir organisé ce
déchaînement de haine, une deuxième fois d’avoir imposé à des mortes en
sursis d’exécuter leur basse besogne, une troisième fois de durcir la
persécution des survivantes. Et bien souvent, ils ont du sang sur les
mains, car ils tuent aussi, ça les journalistes le taisent.
Cette propagande baigne donc dans un
lourd silence, une conspiration des oreilles bouchées orchestrée par la
propagande masculiniste, car les complices des génocidaires locaux
règnent partout dans le monde.
Silence sur la violence inouïe des
hommes contre ces femmes, contre les filles, en meute et
individuellement. Silence non factuel mais silence éthique : les faits
de violence sont parfois admis, mais comme une cause parmi d’autres,
collés à côté des raisons « rationnelles », ces fameuses considérations
sur le caractère inutile et pesant ou utile et fonctionnel des
« disparues », sur l’importance de la « transition démographique »
qu’amorcent si maladroitement certains pays. Or la violence masculine
est la seule cause du génocide et ces rationalisations sont partie
intégrante du plan génocidaire. Les donner comme explication ne révèle
rien d’autre qu’une complicité « rationnelle » avec les génocidaires.
Le saut éthique est vertigineux pour
certains. Car admettre que la seule cause d’une élimination est la
« discrimination » – la violence ciblée d’un groupe humain contre un
autre - mérite une décision éthique au plan international, et une mesure
d’urgence.
Or ce que l’on voit à la place, c’est le
silence. Silence éthique sur l’organisation génocidaire de la société :
apartheid, pratiques de meurtres ciblés, pratiques de crimes ciblés
(viol), persécution (menace et violences punitives), interdits de
circuler et d’obtenir seule les moyens de sa survie … Pourquoi ce
silence ? Car tout patriarcat est une organisation génocidaire.
En reconnaître un seul comme tel, c’est vouer tous les autres à la
contestation la plus radicale. Les pays d’Asie montrent le vrai visage
du système qui nous a vu naître, l’aboutissement attendu et aussi la
réplique inévitable en cas d’insurrection de notre part. Les médias
patriarcaux existent pour étouffer ce constat. Ils leur faut donc nier
tous les crimes contre l’humanité, perpétrés contre les humains faits
« femmes », par lesquels règne la caste virile.
Silence éthique des mots. Les
médias et les démographes les versent comme encre noir sur le sang de
notre peuple pour le masquer définitivement.
Le viol a presque toujours été défini
comme l’atteinte par un homme au droit d’un autre homme. Le génocide
sexiste l’est de même. Il ne me semble pas que l’on ait défini le
génocide nazi comme « un déséquilibre de la balance du commerce, où les juifs manqueraient au marché des diamantaires… ».
Pourquoi ? Car c’est expliquer le préjudice subi par la communauté humaine de la même manière que pourraient l’expliquer les génocidaires. Ainsi, dire que les victimes juives « manquent à la balance du commerce », c’est reproduire leur stigmate (juif = vénal) et les enterrer dans le ghetto social et idéologique où elles ont péri.
C’est mentir sur le préjudice pénal et éthique du crime nazi – il
correspondrait à la fonction à laquelle la persécution anti-sémite a
assigné-e-s les juives-fs.
De même, personne n’a spécifié les
génocides reconnus par le stigmate des victimes : on ne parle ni de
« Judicide » ni de « Négricide » ni d’ »Arménicide » ! Je refuse que
l’on parle de « Féminicide » pour parler de l’élimination de masse et
systématisée des femmes.
Le crime contre l’humanité consiste à
déshumaniser un humain en le prenant pour un stigmate et le persécuter
en conséquence, selon les procédures légitimes, souvent légales,
édictées par la société génocidaire. Prendre une personne noire pour
« un-e Noir-e » – et donc la traiter en conséquences, selon les normes
de la société esclavagiste qui a transformé un phénomène physique en
marque distinctive d’infériorité sociale – … prendre une personne juive
pour « un-e Juive-f » – et donc la traiter en conséquence, selon les
normes de la société anti-sémite qui a transformé une religion en
provocation – … tous ces délits de faciès sont la déshumanisation qui
caractérise le crime contre l’humanité. « Nègre » et « Jude » sont les
stigmates en raison desquels les gens ont été déportés, parqués,
utilisés comme outils et finalement éliminés. De même « Femme » n’est
pas une tâche de naissance, elle n’implique pas une fonction naturelle
de coucherie ou de reproduction. C’est un stigmate socialement plaqué
sur nous, et aux conséquences strictement identiques. Le plan qui
consiste à nous déporter (nous imposant la plus grande promiscuité avec
l’ennemi ou nous bannissant loin d’eux, physiquement et socialement),
nous parquer (nous reléguant dans des cachot domestiques ou les bordels
de leur guerre totale), nous utiliser (rarement entières, presque
toujours par bout utiles : force de travail, cerveau pensant et
créatif, cerveau disponible à fonction de paillasson psychique,
« corps » à fonctions sexuelle ou reproductive, etc.) et enfin nous
éliminer, est un GENOCIDE.
Je dénonce quiconque parle de notre génocide en termes démographiques ou masculinistes. Définir
l’atteinte à l’humanité d’un groupe humain ou d’un humain 1) par le
préjudice fonctionnel dont se plaint le groupe qui le persécute 2) par
le stigmate qui a tué la victime, c’est en soi du négationnisme. C’est
perpétuer le crime génocidaire. Cette fois en déniant aux victimes leur
humanité jusqu’après leur mort. C’est inscrire sur leur memorial, en
guise de liste des crimes et de cause du décès, la rationnalité des
bourreaux. C’est inscrire sur leur stèle, en guise de nom, le stigmate
que les bourreaux ont inventés pour les éliminer. C’est leur dénier leur
statut d’humain même après la mort. C’est continuer le plan génocidaire
: nier la nature humaine du cadavre pour effacer la nature du crime. Or
ce crime est une atteinte à l’humanité : à l’humanité des victimes, et à
l’humanité de tout humain, en tant que l’humanité ne peut être que
totalement partagée, sans exclusive.
Nier la gravité éthique du
crime, c’est condamner les victimes, mortes ou encore épargnées, à la
haine éternelle de leurs bourreaux. Car c’est nous enterrer, mortes et
vivantes, comme la tâche humaine que nous sommes pour les oppresseurs.
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